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« Demain », de l’egosystème à l’écosystème

Je vous invite vivement à visionner le film/documentaire « Demain » (2015, César du meilleur film documentaire), réalisé par Mélanie LAURENT et Cyril DION. Ecoutez, regardez, nourrissez-vous de cette vision positive, réaliste et concrète. Une vision du possible associée à des actions, à des résultats. Je retiens de leur engagement une formidable ouverture sur un monde en changement, en prise de conscience, en mouvement.

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Une relation responsable 

Il est question de responsabilité, d’autonomie et de relation. Une relation à l’environnement, au sens large, dans lequel l’humain s’inclut lui aussi en tant qu’acteur majeur dans la construction d’un système le plus équilibré possible.

Il y est question de relation à soi-même, à l’autre, pour construire un système de production basé sur cet équilibre plutôt que sur l’usure, et l’abus.

Demain oriente ses projecteurs vers un système construit sur la responsabilité et l’action individuelles, la micro-expression, comme vecteurs de diffusion des pratiques constructives, au cœur d’un système macro en plein essoufflement, en limite : celle de l’équilibre des ressources humaines, naturelles et matérielles.

« Demain » propose une vision d’un projet en action, que l’on peut qualifier d’action de progrès. Le film intègre les évolutions technologiques comme outil, et non comme une fin, à la disposition de l’individu lui-même bénéficiaire de ce nouveau modèle.

C’est un modèle basé sur l’intégration, la conscience, la confiance. « Demain » n’oppose pas, il associe, notamment la technologie au développement humain entre solaire, géothermie et hydrogène. Une vision d’une technologie plus contributrice, que celle plus questionnante d’une technologie de pure contrôle, à l’excès, et d’exclusion de l’humain.

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« Demain » est entre les mains de chacun, participant, acteur, initiateur d’un pouvoir : celui de construire plutôt que capter, celui de diffuser plutôt que contrôler, celui d’encourager plutôt que sanctionner.

« Demain » investit une vision globale, qui développe un système de connexions bien réelles entre l’individu, les ressources et les systèmes. Un réseau d’incidences et d’effets positifs de transformation de l’ensemble de l’écosystème. Il met en évidence cette onde de diffusion positive d’un tel modèle, sans renoncer à des notions de performance. Un modèle libérateur d’expression et de participation, tout en considérant une structure pour les organiser.

L’homo faber a fait évoluer son outil de pierre jusqu’aux technologies actuelles, sans faire évoluer sa relation : domestiquer, dominer, soumettre, contrôler, la nature et l’humain lui-même.

Cet outil, devenu technologie, se révèle une ressource exceptionnelle s’il s’inscrit dans une intention de progrès relationnel et de bénéfice individuel envers l’humain, dans un système global, le collectif. Pas « ou », mais « et ». Un pouvoir en construction, plutôt qu’en privation.

Une modernité

« Demain » encourage la vision d’une culture du rôle, une vision moderne construite sur le questionnement d’une relation, pour s’éloigner d’un modèle traditionnel du statut, écho des archaïsmes évoqués précédemment.

La modernité, c’est manager son environnement en confiance, en autonomie, son propre espace d’expression et permettre à celui de l’autre de se développer. La modernité, c’est abandonner un modèle de prédateur pour celui d’intégrateur. De l’un à l’autre il n’y a qu’un pas : celui que chacun peut faire pour lui-même en participant à celui de l’autre.

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Diffuser

Regarder « Demain », c’est aussi prendre conscience de la nécessité de diffuser la pratique : faire-savoir pour faire connaître, pour faire réfléchir, pour sensibiliser, pour faire réagir, pour envisager autrement, pour faire adhérer, pour agir.

Faire sans savoir ne structure pas forcément le savoir-faire. Prendre du recul pour rendre visible, c’est aussi rendre conscient le savoir-faire, la pratique. Faire-savoir c’est formaliser des référents positifs, concrets, réels, qui peuvent devenir des repères conscients pour la diffusion d’une action possible.

Faire-savoir relève, aujourd’hui, d’une forme de responsabilité vis-à- vis du collectif. Combien de pratiques, d’initiatives, d’innovations individuelles et d’entreprises ont une onde de diffusion bien trop restreinte par rapport à la valeur collective que pourrait avoir ne serait-ce que leur connaissance ?

« Demain » investit une évolution : celle du stade de la relation, un « pouvoir pour », et non plus « sur », qui considère que le développement de son environnement est aussi une ressource pour l’individu. De l’inter-développement, pour un bénéfice partagé.

Vivement « Demain » !

Stéphane Lhermie