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Dé(s)blocages et fluidité

 

Une mobilité, voire fluidité, du marché serait liée au fait qu’une partie soit prête à se défaire de quelque chose pour une autre qui souhaite l’acquérir. La valeur en est déterminée par l’équilibre, ou déséquilibre entre offre et demande.

Au-delà des mécanismes économiques, il semble que le facteur comportemental joue un rôle essentiel dans l’activation et la dynamique des mécanismes : l’individu supplante l’outil.

Que devient l’offre si elle n’est que le moyen d’obtenir une réponse à une demande, plus personnelle, plutôt qu’à un acte d’échange marchand ? L’activité n’a plus tant de valeur économique collective. Il n’est plus question de participer individuellement à un système, mais d’en détourner l’utilisation pour une seule satisfaction individuelle.

L’objet n’est plus un objet de transaction marchande, mais le prétexte de nourrir sa seule satisfaction individuelle.

Une attitude égocentrée, qui nie la valeur marchande pour ne définir à l’objet qu’une valeur émotionnelle financière.

« Ma » satisfaction devient le déclencheur du mécanisme, et nie de fait le réalisme marchand de « Ma » demande.

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Par exemple, la vente d’un bien immobilier doit rapporter de quoi financer un projet personnel, doit nourrir un besoin de valorisation… « Je vends à ce prix sinon je ne vends pas » est une illustration du blocage généré par l’ego, par l’absence de lien avec une forme de réalisme, d’évolution du marché. Ajoutez l’agence qui ne voudrait pas renoncer  (cf. « Renoncer et avancer ») à une part de commission pour permettre la vente de se réaliser… C’est le cas pour tout objet simple ou complexe, courant ou plus exceptionnel comme un tableau ou toute oeuvre d’art.

C’est aussi refuser une proposition de poste parce qu’il n’apporte pas l’ensemble des éléments de statut souhaités, parce que sa rémunération n’est pas conforme aux attentes individuelles, parce que le candidat se campe sur sa demande, et ne l’adapte pas aux évolutions de marché.

C’est aussi l’entreprise qui préfère garder un poste vacant, et gérer la pénurie, si elle ne trouve pas le candidat qui corresponde à ce qu’elle projette du profil idéal. Pas de collaborateur, plutôt qu’un candidat capable et en adéquation, mais pas comme « Je » le veux.

L’envie individuelle conduit à une culture du « caprice » : «  je veux tout sinon je ne lâche rien ». Sécurisation, protection, circuit fermé, blocage, immobilisme, contrôle : statu quo.

Que se passe-t-il alors ? Rien… « Je n’obtiens rien, mais je pense n’avoir rien perdu, dans l’instant…».

Le pragmatisme, et le lien avec la réalité économique collective de chacune des parties, ont davantage de chance de conduire à une conclusion concrète, active et en dynamique : une forme d’objectivité. C’est aussi une part de nos modes de fonctionnement, pas encore assez visibles pour en faire une culture collective de référence.

La confiance se révèle un facteur de mobilité du présent pour avancer vers l’avenir. Les incertitudes collectives nombreuses sont aussi des occasions d’investir une part individuelle dans une dynamique.

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La responsabilité individuelle me semble un facteur essentiel d’activation de mobilité, pour alimenter l’activité collective.

L’institution n’apportant que peu de messages sur l’avenir, il me semble que nous sommes à un moment de marché, de société où la responsabilisation individuelle répond à une nécessité. Celle de ne plus considérer l’institution comme le seul baromètre collectif, pour développer individuellement une capacité de contribution et d’influence.

C’est à chacun de faire un choix : attendre de savoir pour agir, ou agir pour avancer, aller voir, et recevoir. Certains le font, et ça marche.

A vous de jouer !

Stéphane Lhermie

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