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L’art et la manière

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Pas simple d’occuper un espace qui permette à l’autre de déployer ses talents… Tout un art : celui de la posture, en relation, en confiance.

Le 6 avril dernier avait lieu le vernissage d’une exposition consacrée à deux artistes, Arthur DORVAL et L’ATLAS, à la galerie CEDART, à Genève.

Au-delà de leurs talents artistiques, c’est aussi la façon de partager l’espace et l’attention qui ont révélé une autre aptitude chez ces deux artistes : celle de la relation.

Arthur DORVAL et L’ATLAS ont illustré une autre façon de s’exposer : avec l’autre, face à l’autre, en partageant l’espace et les attentions, en acceptant le talent de l’autre, sans que ne soit remis en question le leur. Une expression rendue possible aussi grâce à la capacité de délégation des deux galeristes.

Ils ont démontré une réelle aptitude à la relation, au-delà du jeu de l’exposition, en apprenant à se connaître, au-delà des représentations de leur art, en reconnaissant déjà la création de chacun.

Ces deux artistes ont apporté une valeur de posture : occuper un espace partagé, tout en existant individuellement dans cet espace.

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Quelle leçon de management relationnel : dépasser la maîtrise d’une technique, la notoriété individuelle, un statut, pour s’exposer avec ses talents face à aux aptitudes de l’autre, en confiance en soi, pour déléguer à l’autre une expression de ses propres potentiels.

Déployer sans compétition, sans être persuadé de devoir nier l’autre dans ses potentiels pour mettre en œuvre ses compétences, mais au contraire en affirmant en confiance son individualité comme moyen d’expression de celle de l’autre.

Ils ont tous deux illustrés une posture d’ouverture : ne pas s’opposer, et accepter de dépasser le contrôle de son espace, que l’on pourrait nommer le « syndrome du petit parc ».

Ce dernier revient à délimiter un espace, réduit, dans lequel l’occupant dispose de ce dont il a besoin, et qu’il rend inaccessible. Il ne s’aventure pas, il n’explore pas, il n’innove pas, il ne s’expose pas. Il en contrôle les barrières protectrices de ses modes de fonctionnement ancrés. Il réclame que l’environnement lui garantisse l’intégrité de ses limites, par un pacte de non expression d’un talent extérieur, qui se révélerait une menace à son statut de sécurité.

Arthur DORVAL et L’ATLAS… la classe ! Chapeau les artistes ! Merci de nous avoir nourris de vos talents, d’avoir ouvert un espace de relation, et montré que les personnalités des artistes sont aussi une part de l’art.

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L’œuvre de l’artiste est porteuse de son intimité, de son humanité, de sa relation au monde. Il y a dans l’art le monde du visible, et, aussi celui du non visible. Cet « au-delà » de la représentation, qui porte aussi cette respiration du monde, cet emportement, cet apaisement, cette capacité de voyage intérieur. Un voyage propre à chacun,  qui ne se justifie pas, ne s’explique pas, ne se mesure pas, ne se démontre pas, mais se vit, librement, pour soi et avec l’autre.

Un espace individuel qui s’accorde à l’espace collectif. Arthur DORVAL et L’ATLAS habitent ces espaces, et participent, à élever l’art au-delà de la construction, pour  en révéler la part d’humain qui met la création en lien avec le « regardeur », avec l’autre.

Une bonne leçon de faire-savoir : s’exposer, dire son message, expliquer sa vision, rendre visible une opinion, pour la diffuser et participer, sans arrogance car en contact, à occuper un espace en mal de perspectives et aussi en mouvement, que l’acte individuel permet de faire évoluer et de faire avancer. Une mobilité de chacun pour nourrir le changement collectif.

Soyez donc les artistes de votre posture managériale ou collaborative : en confiance, en diffusion, en relation, en expression de vos talents et capacités, en stimulation d’une performance de groupe, pour la satisfaction de chacun, et le bénéfice de tous, selon, bien entendu, l’encouragement et l’acceptation de votre environnement.

Stéphane Lhermie.

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